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  Charles Péguy s'est-il suicidé ?

Article paru dans Historia , novembre 2004, p.70-73, ici proposé dans sa version originale, non amputée.

Charles Péguy s'est-il suicidé ?

  Le samedi 5 septembre 1914, à cinq heures et demie de l'après-midi, aux environs du village de Villeroy, près de Meaux, le lieutenant Charles Péguy est frappé d'une balle en plein front qui le tue net. À quarante et un ans , le fondateur-gérant des Cahiers de la Quinzaine , le chantre de Jeanne d'Arc, l'auteur des alexandrins célèbres «  Heureux ceux qui sont morts dans une juste guerre, Heureux les épis mûrs et les blés moissonnés  » est l'un des premiers morts de la bataille de la Marne.

Le 17 septembre, l'écrivain nationaliste Maurice Barrès, dans un article paru dans L'Écho de Paris , lui confectionne une auréole : « Le voilà sacré ». La légende dorée s'empare de son image. Symbole du retour à la foi durant sa vie (« athée de tous les dieux », Péguy a amorcé un retour au catholicisme vers 1907), Péguy devient dans sa mort le symbole du patriote tombé au champ d'honneur, réalisant à sa manière la synthèse idéale du « sabre et du goupillon ».

Depuis 90 ans, Péguy est resté prisonnier de ce cliché, variété commune de la propagande cocardière. Et certes, sans doute ne lui aurait-elle pas déplu, cette image d'Épinal, car comme l'écrivait Romain Rolland, Péguy « n'eût pas souhaité une autre fin : elle comblait ses voux les plus profonds ». Est-elle pour autant fidèle à la réalité ? Il est regrettable que les biographes traditionnels de l'écrivain se soient engagés sur le terrain glissant de l'histoire mystique au lieu de se pencher sérieusement sur la question. La plupart d'entre eux se contentent de relire l'ouvre du héros à la lumière de sa mort, pour y chercher des prémonitions concernant sa destinée tragique, se souvenant à l'occasion que Péguy a vanté les marches militaires « au grand soleil des routes » ou évoqué les héros homériens en ces termes : « Il manque aux dieux hommes ce qu'il y a peut-être de plus grand dans le monde ; et de plus beau ; d'être tranché dans sa fleur ; de périr inachevé ; de mourir jeune dans un combat militaire ».

Mais Péguy se résout-il dans cette équation ? Ses « prémonitions » ressortissent-elles du domaine (fort hypothétique) du surnaturel ou indiquent-elles plutôt l'état d'esprit de leur auteur au moment où il les notait comme des fantasmes ou des souhaits personnels ? Son compagnon Pesloüan relève  que « tout ce qu'il avait écrit, il partait le vivre ». Peut-être faudrait-il commencer par prendre ce genre de phrases au sérieux, et chercher ce qu'elles signifient au regard de la vie de Péguy.

Car une chose étonne, de prime abord, dans la mort de Péguy : c'est son acceptation joyeuse. En collectant les témoignages sur les derniers instants de Péguy, le chercheur a l'impression curieuse que celui-ci a voulu et organisé sa propre mort,  qu'il a choisi, selon l'expression du romancier Yann Moix, de « mourir par la France », c'est-à-dire, en quelque sorte, de détourner un conflit pour y disparaître de la plus littéraire des façons : en héros, statufié pour l'éternité. Partir se battre avec détermination est une chose, qui s'accorde avec la démonstration d'un courage sans faille devant l'ennemi ; désirer sa mort au combat en est une autre, qualitativement différente, et qui s'apparente davantage à la témérité, voire, si l'on n'est pas sensible au romantisme noir, au domaine des sentiments morbides. Romain Rolland touche du doigt le problème lorsqu'il se demande : « Fut-il plus beau dénouement à une chronique légendaire ? On dirait qu'il avait été écrit d'avance. » Et pourquoi pas ?

S'il est une chose certaine, en effet, c'est que Péguy ne craint pas la guerre et envisage sa mort possible avec - c'est le moins qu'on puisse dire - dédain et sérénité. Le 30 juillet 1914, la veille de l'assassinat de son ex-ami Jaurès (qu'il avait jadis menacé de mort), le « pacifiste » Péguy, dans l'ultime conversation qui se tient dans les locaux des Cahiers , au 8 rue de la Sorbonne, espère encore de toutes ses forces que la guerre éclate le plus vite possible . Il s'est déjà fait couper les cheveux, au cas où.

Lorsque la mobilisation est proclamée le dimanche 2 août, la feuille d'appel de Péguy lui confie la mission de convoyer 3000 réservistes de la gare de Bel-Air-Raccordement, dans le quartier de Reuilly, à destination de Coulommiers. Il revêt immédiatement pantalon rouge, guêtres de cuir, dolman, pèlerine et képi aux deux galons d'or, et évoque devant sa femme Charlotte, enceinte de son quatrième enfant, le futur Charles-Pierre , l'éventualité de sa mort prochaine : « Si je ne reviens pas, je vous prie d'aller chaque année en pèlerinage à Chartres ». Son départ se fait sans larmes.

Avant de quitter Paris, Péguy fait un détour par le 149 rue de Rennes, chez son amie Geneviève Favre, qui tient habituellement salon dans ses appartements. Madame Favre remarque, non sans étonnement, que « la guerre proche lui semblait devoir être une délivrance ». D'après Romain Rolland, qui plus tard s'est entretenu avec elle, il semble que Péguy vive alors « les plus belles heures de sa vie ». Rolland ajoute : « C'était le songe de ces jeunes hommes qui couraient se sacrifier ». Ces « jeunes hommes » envoyés au feu désiraient-ils périr sous les balles allemandes ? Rien n'est moins sûr. Si la population pavoise les fenêtres de la capitale de drapeaux tricolores, ce n'est pas dans l'espérance de voir mourir ses fils : elle est au contraire persuadée que la guerre va durer quelques semaines, tout au plus. En revanche, il semble bien que le « songe » évoqué par Rolland soit celui de Péguy, qui n'affiche qu'un souverain mépris en considérant l'hypothèse de sa propre mort. Le témoignage de son ami, Joseph Letaconnoux , qui déjeune avec lui place Clichy avant son départ, est évocateur : « Je suis frappé du sang-froid, de la méthode que Péguy a mis à régler son départ. On dirait que ce départ n'a été pour lui qu'un événement prévu depuis longtemps, accepté d'avance. Plus je réfléchis, plus il m'apparaît qu'il a réellement tout prévu, tout accepté d'avance. » Lorsque « Taco » tente de freiner son enthousiasme guerrier en lui rappelant qu'il a « une femme et des enfants et qu'il peut être lui-même tué », Péguy lui répond : « Je m'en fous ! ». Pure mystique patriotique ? Voire.

En attendant le grand jour, Péguy arpente Paris et tient à saluer famille, amis et adversaires, comme Léon Blum, phénomène unique dans la vie de ce polémiste cinglant, pourfendeur de la compromission, peu réputé pour exercer sa charité sur ceux qu'il torture dans ses pamphlets. On ne peut s'empêcher de penser à une tournée d'adieux. Péguy se dit désireux de quitter Paris « le cour et les mains pures ». Il écrit à André Bourgeois, administrateur des Cahiers , que « vingt ans d'écume et de barbouillage ont été lavés instantanément ». Son ami d'Orléans, le professeur Raoul Blanchard le décrit comme « souriant et détendu, d'un calme rarement observé auparavant ». Comme lorsque l'on sait que l'on va mourir en paix avec les siens ?

Une telle disposition d'esprit se retrouve dans ses lettres adressés à sa famille et à ses amis durant les combats de la fin du mois d'août, parsemées de phrases dénotant une réaction psychologique peu commune face aux événements dans lesquels leur auteur est entraîné. Sa correspondance de l'époque nous le montre en état de « constante allégresse », remarque Julie Bertrand-Sabiani, de l'Amitié Charles Péguy . À sa femme : « Tout va bien santé admirable, la vie au grand air » ; « Ici une immense paix dans une ferme abandonnée ». À sa mère : « Rien de nouveau, toujours la grande vie ». À Geneviève Favre : « Mon enfant je voudrais que vous eussiez un peu de cette grande paix que nous avons ici » (!). À Bourgeois, il vante sa « santé de fer ». A Blanche Bernard : «J'ai retrouvé mes jambes vingt ans »... Péguy se rend-il compte de ce qu'il se passe autour de lui ou est-il déjà dans un autre monde ?

Le sergent Victor Boudon a noté le calme olympien de Péguy dans l'action. Boudon est le témoin-clé des derniers jours de la vie de Péguy. Représentant de commerce dans le civil, il combat sous ses ordres avec le grade se sergent, dans la 4 e section de la 19 e compagnie du 276 e régiment « de réserve » d'infanterie. Surnommé « le pion », Péguy conquiert « rapidement l'affection de tous ses gars  », rapporte Boudon, qui le décrit « assez énigmatique, causant peu (.), prodigieusement actif, courant, se démenant tel un maître d'école surveillant ses élèves, un chien de berger son troupeau, (.) moins officier que soldat, jeune et alerte comme un conscrit ».

Bras droit du capitaine Pierre Guérin, ancien « bat'd'af' » affligé d'une forte claudication, Péguy est le plus ancien officier en âge et en grade, et en réalité, c'est lui qui dirige la 19 e compagnie. Exhortant énergiquement la troupe de sa voix métallique, il n'est pas seulement résigné : il est gai. Tel un soldat de l'an II, il ne cesse de siffloter la « Carmagnole » ainsi que des chants de marche plus ou moins grivois qu'entonnent ses « gars ». « C'est merveille de voir l'entrain de cet homme », remarque Boudon.

Mais les événements vont se précipiter. Fin août, le ministre de la guerre et de la défense, Alexandre Millerand - par ailleurs grand ami de Péguy (il en fut aussi l'avocat) -, donne l'ordre de « défendre la capitale à outrance », sous la direction de Gallieni, gouverneur militaire de Paris.

Les Allemands sont à 20 km de Paris. Le bataillon de Péguy avance difficilement au milieu des champs de betteraves et d'avoines non fauchés. Afin d'échapper aux rafales et aux éclats d'obus, le lieutenant crie de temps à autre : « Couchez-vous ! En carapace ! ». Mais lui-même se protège fort peu.

Le bataillon reçoit soudain l'ordre d'enlever le village de Monthyon baïonnette au canon, sous le feu des mitrailleuses et de l'artillerie allemandes positionnées à trois kilomètres de là. Ordre insensé, qui revient à envoyer les soldats au casse-pipe ... Durant cette opération, que fait Péguy ? « Il est au milieu de nous, insouciant des balles qui le visent et le frôlent dans de sinistres «  piuuu. piuuu !.  », debout, courageux, admirable, courant de l'un à l'autre pour faire activer le feu », note Boudon. Tout à coup, l'invraisemblable se produit : les Allemands reculent. Il faut lancer l'assaut final. Au cours de l'action, le capitaine Guérin est frappé par une balle qui le tue sur le coup. Péguy tire son épée du fourreau et s'écrie : « Le capitaine est tombé ! Je prends le commandement ! Suivez-moi ! En avant ! À la baïonnette ! ». La violence du feu ennemi est telle qu'il ordonne à ses hommes de se coucher. Mais lui reste debout , lorgnette à la main. « Feu à volonté ! », crie-t-il. Les hommes tombent, tandis que Péguy, sourd aux appels à la prudence de ses hommes , reste droit, inflexible « comme un défi à la mitraille » - «  glorieux fou dans sa bravoure  », écrit Boudon, dans un passage nous semble-t-il révélateur. C'est dans cette position qu'il se fait faucher par un tir ennemi. Un témoin, Henry d'Estre, décrit son corps sans vie, « couché sur le ventre, le bras gauche replié sur la tête (.) L'expression de son visage est d'un calme infini. »

Pourquoi ne s'est-on pas interrogé jusqu'à présent sur l'éventualité que Péguy, multipliant par son intrépidité les occasions de se faire tuer, ait marché à la mort volontairement ?

C'est d'autant plus étrange que l'on sait, par une lettre de son ami Jacques Maritain à dom Baillet, que l'idée de suicide ne lui est pas étrangère. D'après Maritain, à l 'automne 1908, Péguy traverse une « crise intérieure (.) au sujet de sa pauvreté et de l'avenir de ses enfants », qui le conduit à des « tentations de suicide ». Témoignage confirmé par une lettre de Péguy à Pesloüan, qui refuse d'aider financièrement son projet d'édition du Polyeucte de Corneille, destinée à renflouer les caisses de sa revue : « Si tu apprends que nous nous sommes suicidés tous les sept , tu en auras regret éternellement ; c'est pourtant la tentation contre laquelle je me défends avec un succès de jour en jour diminué ».

Dans les dernières années de sa vie, la solitude de Péguy devient littéralement oppressante, intolérable. Il est désespérément seul.

Seul dans sa vie publique, tout d'abord. Péguy a consacré sa vie à son art. Après avoir dilapidé la fortune de sa femme dans la création d'une librairie socialiste, il s'endette à vie pour la revue qu'il fonde en janvier 1900, les Cahiers de la Quinzaine , qui n'ont guère plus de 1200 abonnés. Mais le petit nombre de personnes susceptibles de le soutenir sont eux-mêmes perturbées par ses contradictions apparentes, qui s'aiguisent avec le temps : pacifiste, Péguy est aussi militariste ; louant les vertus de la « France éternelle », il se proclame universaliste ; universaliste, il est aussi germanophobe que Maurras ; républicain, il vante le trône et l'autel ; humaniste, il est misanthrope et tire à boulets rouges sur les institutions (la Sorbonne en particulier)... Les paradoxes de Péguy ne sont compris que d'une minuscule élite. Le plus magistral d'entre eux, son retour au catholicisme, lui fait perdre la plupart de ses compagnons de jeunesse. Une situation d'autant plus dramatique pour lui qu'il entre à reculons dans ce nouvel univers : il ne pratique guère sa religion, refuse que ses enfants se fassent baptiser et se met à dos l'institution ecclésiastique en soutenant le philosophe juif Bergson mis à l'Index par l'Église.

Du coup, Péguy se fâche avec tout le monde, ou peu s'en faut. Il excède à tel point ses lecteurs que Dreyfus lui-même, dont il a été l'un des premiers défenseurs, se désabonne des Cahiers .

Le vide affectif qui l'accable dans sa vie privée est encore plus grand. En 1897, Péguy a épousé Charlotte Baudouin. Mais ce n'est pas un mariage d'amour et le couple n'est pas heureux. Le frère de Charlotte, Marcel, décédé dans sa prime jeunesse, était le meilleur ami de Péguy, « l'homme qu'il aimait le plus au monde », selon Maritain. D'après ce dernier, Péguy considère qu'il a reçu la famille Baudouin « en dépôt. (.) Les rapports qu'il y a entre Péguy et sa belle-mère et sa femme ne ressemblent donc en rien à ceux qu'on trouve dans les autres familles ». Maritain ajoute : « Il est très malheureux chez lui, traité durement et sans confiance. À tel point qu'il nous a dit qu'un jour, quand ses enfants auraient grandi, il se séparerait de sa femme ; et qu'aujourd'hui il ne voulait pas que le sacrement de mariage l'unît à elle éternellement. ». Charlotte, femme autoritaire, non baptisée et issue d'une famille irréligieuse, voit la conversion de son mari d'un fort mauvais oil. Le retour de Péguy à la foi lui fait perdre toute autorité dans sa famille, où on le traite de malade, de neurasthénique, d'hommes à crises, de maniaque. Maritain précise : « Ses enfants même ne le considèrent pas comme ils doivent, et n'ont point de respect pour lui. En sorte que même s'il voulait, au nom de son autorité paternelle, imposer l'instruction religieuse et le baptême à ses enfants, je crains beaucoup que cela ne soit impossible ».

C'est ici qu'il nous faut dire un mot de Blanche Raphaël, dont, curieusement, le nom n'apparaît pas dans le glossaire des quatre tomes des ouvres complètes de Péguy parues en Pléiade . Sour de Gaston Raphaël, dreyfusiste et ami de Péguy, Blanche, agrégée d'anglais, est une jeune juive qui fréquente assidûment la boutique des Cahiers et qui a réalisé quelques travaux pour Péguy. On sait que celui-ci en tombe éperdument amoureux, qu'il écrit à son intention, plusieurs années durant, le poème-fleuve intitulé La Ballade du cour qui a tant battu et que la figure de cette charmante personne hante ses ouvres ultérieures. Mais son amour pour Blanche est un amour impossible. Dulcinée se dérobe. La crise sentimentale qu'il traverse est si douloureuse qu'il tente de la résoudre par un pèlerinage à Chartres en juin1912. Deux ans auparavant, Blanche a épousé Marcel Bernard, dont elle a eu, en 1911, une fille prénommée Henriette.

Où en sont les relations de Péguy avec Blanche en 1914 ? Nous savons qu'il la voit lors de ses derniers jours à Paris, et qu'il la raccompagne chez elle. De son bataillon, il lui adresse six lettres, la dernière en date du 24 août. Mais, contrairement aux autres correspondants de Péguy, elle seule ne lui répond pas .

Est-ce tout, ou y a-t-il davantage à savoir sur Blanche ? Georges Steiner pense pour sa part qu'elle a tenu un rôle fondamental dans les dernières années de la vie de Péguy : « On sait quelque chose, on pourrait en dire plus sur son amour pour Blanche Raphaël, sur le rôle pressant, ambigu, qu'il joua dans son mariage (mariage destiné à le préserver, lui, de la tentation du désespoir et d'actions qu'il jugeait inadmissibles). »

Tentation du désespoir ? La Ballade du cour qui a tant battu contient des vers qui ne peuvent pas ne pas évoquer pour nous la mort à Villeroy du grand cornélien qu'était Péguy :

 

«  Cour, tu seras couché

Sur le plateau.

( .)

Tu battras la retraite

Et sonneras,

Disant la guerre est faite,

Bon débarras . »

 

Romain Rolland note que dans ce magnifique poème d'amour, « la mort est au bout. Le coeur est au tombeau ». Nous fournit-il l'explication de la mort de Péguy ?

Sans doute est-il trop tôt pour l'affirmer. Mais quoi qu'il en soit, voir dans le chauvinisme l'ultime explication de la mort sacrificielle de Péguy revient de toute évidence à gommer un large pan de réalité. Il ne s'agit pas de nier le courage du lieutenant Péguy. Mais il convient aujourd'hui de mettre en lumière l'autre visage de Péguy, sa face cachée, son « secret », le motif qui l'a vraisemblablement engagé dans la voie de l'effacement.

Paul-Éric Blanrue

Deux semaines avant son ami Alain Fournier, l'auteur du Grand Meaulnes , tué à Verdun.

Né le 4 février 1915, et toujours en vie à l'heure où nous écrivons ces lignes.

« Le départ de Péguy », Le Crapouillot , août 1918.

L'Amitié Charles Péguy, Correspondances de guerre , n°91, juillet-septembre 2000, p. 311.

Boudon a écrit, quelques mois après la mort de Péguy, le bref récit de souvenirs de la campagne d'août, préfacé par Barrès en 1916, chez Hachette. Une oeuvre intéressante qui, à cause de la censure militaire, n'est complétée qu'en 1964, lorsqu'elle paraît sous le titre : Mon lieutenant Charles Péguy, juillet-septembre 1914, Albin Michel.

De fait, la compagnie de Péguy perd en moins d'une heure les trois quarts de son effectif : trois officiers et plus de cent cinquante hommes tués ou blessés.

Lui-même, sa femme, ses trois enfants, sa belle-mère et son beau-père.

Plus curieusement encore, lorsque nous avons joint le Centre Péguy d'Orléans, on nous a répondu que la question Blanche Raphaël était « taboue » chez les « péguystes ». Le Centre Péguy n'a d'ailleurs pas été en mesure de nous fournir ses dates de naissance et de mort. En vue de travaux futurs, nous sommes preneurs de toute information concernant la mystérieuse Blanche Raphaël.

De la Bible à Kafka , Pluriel, Hachette littérature, 2002.

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